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20/07/2006

Janine Tavernier : Je dénonce !

Janine Tavernier, ancienne présidente charismatique et emblématique de l'UNADFI, dénonce les dérives de la "chasse aux sectes".

Paru dans l'ouvrage de Serge Toussaint, Sectes sur ordonnance* (mai 2006), la préface de Janine Tavernier, présidente de l'UNADFI de 1993 à 2001


PRÉFACE


Si j'ai accepté de préfacer ce livre écrit par Serge Toussaint, Grand Maître de l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, c'est parce que sa réaction face à l'injustice dont l'A.M.O.R.C. est victime me permet de m'exprimer sur ce qui fut l'une de mes préoccupations essentielles durant mon mandat de présidente de l'U.N.A.D.F.I., à savoir ne pas attribuer le qualificatif " secte " à tort et à travers, ou à tout organisme qui sort de la " pensée unique "...

À partir de la fin des années 70, on assista à la création de nombreux groupes " new age ", pseudo-religieux, religieux, etc. Très vite, l'U.N.À.D.F.I.** pressentit que certains de ces groupes, sous des appellations trompeuses et derrière des masques rassurants, pouvaient être dangereux et piéger des personnes en quête d'une certaine spiritualité ou d'un certain bien-être : église, temple, culte, cénacle, fondation, communauté, famille, fraternité, etc.

Si l'U.NA.D.F.I. alerta différentes instances et personnalités sur ces groupes, elle précisa néanmoins que s'il y avait parmi eux des sectes destructrices, dossiers et preuves à l'appui, il y avait aussi des mouvements n'ayant rien de sectaire, même si, parfois, il y avait des dérapages, comme dans tout groupe humain. Cette précision n'a pas été retenue ; il était plus facile de mettre la même étiquette sur ces nouvelles structures, à savoir " Nouveaux Mouvements Religieux " (NM.R.). En procédant ainsi, on a laissé supposer que tous les Nouveaux Mouvements Religieux étaient des sectes, ce qui n'est absolument pas le cas. Par manque de rigueur, on en est donc venu à confondre des groupes inoffensifs avec d'autres qui présentaient un réel danger et se livraient à du prosélytisme pour recruter de nouveaux adeptes. Ce flou, cette imprécision, font qu'aujourd'hui on est plongé dans la confusion la plus totale.

Les choses étant ce qu'elles sont, certains voient des sectes partout.
Dans les statuts de cette entreprise, il y a le mot "holistique"... Attention ! ! !
Cette personne prend des granules homéopathiques... Méfiance
Ce professeur de Yoga parle de chakras... Danger !!!
Ce psychologue certifié est spiritualiste... Prudence !!! etc.

J'ai toujours été sensible aux risques de dérapage que les A.D.F.I. elles-mêmes auraient pu commettre. C'est pourquoi je leur rappelais régulièrement les buts auxquels j'étais particulièrement attachée : "Nous, Associations A.D.F.I., dans le droit fil des Droits de l'Homme, respectueux de toute liberté (la liberté de pensée, la liberté de croire ou de ne pas croire ou de croire autrement, la liberté d'association, la liberté d'expression) quand nous qualifions de "secte" un groupe quelconque, nous ne tenons pas compte des idéologies, des doctrines, des croyances, des religions, des églises. Nous ne considérons que les agissements et les comportements qui portent gravement atteinte à la liberté ou à la dignité de la personne humaine. En un mot, le seul critère que nous retenons est celui de la nocivité, de la dangerosité : de la violation des Droits de l'Homme". (Bulletin BULLES 23 / 1989).

Dans l'Éditorial du bulletin BULLES n° 69 / Premier trimestre 2001, à l'occasion des 25 ans des A.D.F.I., j'écrivais ceci :

"... Nous le répétons à loisir : nous ne jugeons pas les doctrines ou les idéologies véhiculées par les groupes, nous refusons d'entrer dans les discussions "théologiques". En revanche, ce qui nous mobilise, ce sont les faits... Pourtant, parce que nous sommes des hommes et des femmes avec nos convictions, nos croyances, nos philosophies les plus diverses - ce qui, soulignons-le à nouveau, fait notre richesse - nous pourrions être tentés de juger les groupes à l'aune de nos propres références morales, religieuses et philosophiques. Se laisser aller dans cette voie serait périlleux à bien des égards ".

L'on constate que l'homme a toujours été à la recherche de spiritualité, de transcendance. C'est pourquoi j'ai été choquée un jour lorsque j'ai entendu une personne très impliquée dans la lutte contre les sectes dire avec beaucoup de conviction : "Il faut éradiquer l'idée de Dieu". J'en suis restée interloquée, sans voix. En quoi une quête religieuse, spirituelle ou philosophique, est-elle systématiquement condamnable ? En quoi est-elle nécessairement "sectaire" ? Que de groupes alors il faudrait mettre à l'index... Assurément, on assiste depuis quelque temps en France à une dérive qui met en danger la liberté de croyance, ce que je condamne.

C'est pour rester fidèle à moi-même, à mes convictions, refusant le silence et la lâcheté, que j'ai accepté de m'associer à ce livre qui dénonce l'injustice dont l'A.M.O.R.C. a été victime en ayant été classé comme sectes. Les explications de l'auteur, son érudition, permettent de mieux connaître et comprendre les racines de cet Ordre, son évolution, son enseignement, sa philosophie. A l'évidence, il n'a rien d'un Nouveau Mouvement Religieux, et encore moins d'une secte. Mais il a suffi qu'une commission parlementaire, ou plutôt quelques députés d'une commission, le mettent à l'index dans un rapport, pour que l'opprobre, relayé par l'emballement médiatique, devienne une condamnation publique.

Toutes les personnalités politiques et autres que j'ai rencontrées lorsque j'étais militante puis présidente de l'U.N.A.D.FI., de même que tous les journalistes, savent bien que je n'ai jamais été complaisante à l'égard des sectes avérées, car je sais le danger qu'elles représentent pour l'individu, la famille et la société elle-même. Mais il est temps que la France se ressaisisse dans la lutte qu'il faut mener contre de tels groupes, car sous prétexte de cette lutte légitime, certains combattent les croyances religieuses, spirituelles et philosophiques. L'injustice subie par l'A.M.O.R.C. est selon moi un parfait exemple de cette dérive.

Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la laïcité en France, peut-être même trop, car la grande majorité des citoyens de ce pays la tiennent pour un acquis définitif. Il ne faudrait donc pas que ce principe essentiel de laïcité, pour des raisons plus idéologiques que républicaines, devienne le fondement d'un intégrisme tout aussi dangereux que l'intégrisme religieux. Là encore, je pense que ce livre met bien ce danger en évidence. Veillons donc à ce que la lutte contre les sectes ne devienne pas elle-même un vecteur de sectarisme !

Enfin, pour terminer, j'en appelle à une réhabilitation officielle de l'A.M.O.R.C., souhaitée d'ailleurs par Jacques Guyard lui-même, président de la commission parlementaire de 1999. Chacun sait que " l'erreur est humaine ". A la lumière de ce livre, que ceux et celles qui ont le pouvoir de réhabiliter les Rose-Croix le fassent, ne serait-ce qu'au nom de l'article 1 de la Constitution de la République Française : " La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ".


Janine Tavernier
Chevalier de la légion d'honneur
Membre de l'U.N.A.D.F.I. dès 1984

* Disponible en ligne sur www.amorc.fr. Présentation de l'éditeur :

07/06/2006

Nouveaux statuts de l'UNADFI 7 décembre 2004

Cliquez ici pour lire les nouveaux statuts de l'UNADFI adoptés lors de l'Assemblée Générale du 7 décembre 2004.

23/05/2006

5 millions de francs versés dans les caisses de l’UNADFI : d'où proviennent-ils ?

Dossier financement UNADFI


La rigueur budgétaire étant d'actualité, il est important de veiller à ce que tout financement public se fasse dans la clarté et contribue à des fins d'intérêt général. Ce dossier comprend des informations sur le financement de l'Union Nationale de Défense de la Famille et de l’Individu (UNADFI), une association financée à près de 95% par des fonds publics et engagée dans un combat contre diverses minorités spirituelles et religieuses, ce qui est en soi une violation de la laïcité.

A ce sujet Louis Pauwels écrivait déjà dans Le Figaro du 24 octobre 1996 : « Depuis 1975, se sont instaurées des associations antisectes qui accusent globalement leurs adversaires de déstructurer les individus et de menacer les familles. La plus virulente d'entre elle est l’ADFI (Association de Défense de la Famille et de l’Individu). Elle catalyse, sinon promeut des attaques contre les groupes spirituels non conformes. […] Il suffit désormais d'accuser un groupe marginal de captation de la personnalité et manipulation mentale pour qu'il se trouve rangé au nombre des sectes, et, par là même, mobiliser contre lui l'opinion générale. Cette nouvelle chasse aux sorcières bénéficie des subsides de l'Etat, et, sauf exceptions, du soutien sans réflexion des médias. »

Chaque année, l'Union Nationale des Associations de Défense de la Famille et de l'Individu (UNADFI) fait appel aux pouvoirs publics afin de financer ses activités. Il nous paraît important de vous signaler les éléments suivants :

1) L'UNADFI dit avoir financé son nouveau siège en 2000 par une subvention exceptionnelle de 5 millions de francs du Premier ministre. Cependant les services du Premier ministre, lorsque ils sont interrogés sur cette affaire, ne reconnaissent pas avoir versé cette subvention.

D’où proviennent donc ces 5 millions de francs qui sont, c'est certain, bien arrivés dans les caisses de cette association regroupant seulement quelques centaines de membres ?

2) Cette association reçoit un financement public massif, environ 95% de son budget. A titre de comparaison une association humanitaire comme Médecins sans Frontières a seulement 9 % de son budget qui provient de fonds publics.

3) Depuis plusieurs années l'UNADFI, voit ses membres lui retirer leur soutien, faisant ainsi face à ce qui semble être une 'hémorragie'. Si le nombre des membres décroît régulièrement depuis plusieurs années, la courbe des fonds publics reçus suit une croissance exponentielle.

4) L'UNADFI collecte ses fonds auprès de ministères, mais un système semblable de collecte de fonds publics est établi en province par des ADFI locales qui sollicitent mairies, Conseils généraux et régionaux. Une partie des fonds ainsi collectés par les ADFI est ensuite reversée dans les caisses de nationales de l'UNADFI

5) L'UNADFI « fait toutes les démarches en son pouvoir » pour s'opposer à l'application de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 sur la transparence administrative, qui permettrait de connaître le montant des financements publics obtenus.

Si vous souhaitez plus d’information sur le fonctionnement de l’UNADFI afin d’informer les autorités publiques sur ce dossier, n’hésitez pas à nous contacter.