23.05.2006

5 millions de francs versés dans les caisses de l’UNADFI : d'où proviennent-ils ?

Dossier financement UNADFI


La rigueur budgétaire étant d'actualité, il est important de veiller à ce que tout financement public se fasse dans la clarté et contribue à des fins d'intérêt général. Ce dossier comprend des informations sur le financement de l'Union Nationale de Défense de la Famille et de l’Individu (UNADFI), une association financée à près de 95% par des fonds publics et engagée dans un combat contre diverses minorités spirituelles et religieuses, ce qui est en soi une violation de la laïcité.

A ce sujet Louis Pauwels écrivait déjà dans Le Figaro du 24 octobre 1996 : « Depuis 1975, se sont instaurées des associations antisectes qui accusent globalement leurs adversaires de déstructurer les individus et de menacer les familles. La plus virulente d'entre elle est l’ADFI (Association de Défense de la Famille et de l’Individu). Elle catalyse, sinon promeut des attaques contre les groupes spirituels non conformes. […] Il suffit désormais d'accuser un groupe marginal de captation de la personnalité et manipulation mentale pour qu'il se trouve rangé au nombre des sectes, et, par là même, mobiliser contre lui l'opinion générale. Cette nouvelle chasse aux sorcières bénéficie des subsides de l'Etat, et, sauf exceptions, du soutien sans réflexion des médias. »

Chaque année, l'Union Nationale des Associations de Défense de la Famille et de l'Individu (UNADFI) fait appel aux pouvoirs publics afin de financer ses activités. Il nous paraît important de vous signaler les éléments suivants :

1) L'UNADFI dit avoir financé son nouveau siège en 2000 par une subvention exceptionnelle de 5 millions de francs du Premier ministre. Cependant les services du Premier ministre, lorsque ils sont interrogés sur cette affaire, ne reconnaissent pas avoir versé cette subvention.

D’où proviennent donc ces 5 millions de francs qui sont, c'est certain, bien arrivés dans les caisses de cette association regroupant seulement quelques centaines de membres ?

2) Cette association reçoit un financement public massif, environ 95% de son budget. A titre de comparaison une association humanitaire comme Médecins sans Frontières a seulement 9 % de son budget qui provient de fonds publics.

3) Depuis plusieurs années l'UNADFI, voit ses membres lui retirer leur soutien, faisant ainsi face à ce qui semble être une 'hémorragie'. Si le nombre des membres décroît régulièrement depuis plusieurs années, la courbe des fonds publics reçus suit une croissance exponentielle.

4) L'UNADFI collecte ses fonds auprès de ministères, mais un système semblable de collecte de fonds publics est établi en province par des ADFI locales qui sollicitent mairies, Conseils généraux et régionaux. Une partie des fonds ainsi collectés par les ADFI est ensuite reversée dans les caisses de nationales de l'UNADFI

5) L'UNADFI « fait toutes les démarches en son pouvoir » pour s'opposer à l'application de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 sur la transparence administrative, qui permettrait de connaître le montant des financements publics obtenus.

Si vous souhaitez plus d’information sur le fonctionnement de l’UNADFI afin d’informer les autorités publiques sur ce dossier, n’hésitez pas à nous contacter.

25.04.2006

L'ONU épingle la France

Dans un rapport du 8 mars 2006 , l'ONU dénonce la situation qui est faite aux minorités religieuses et spirituelles en France.
Asma Jahangir, Rapporteuse spéciale sur la liberté de religion ou de conviction à l'ONU a effectué une visite
en France du 18 au 29 septembre 2005.

Le rapport sur la situation des minorités en France est sévère. Il met en cause des organismes financés exlusivement par l'Etat en violation de la laïcité.

Le rôle de la MIVILUDES et des associations militantes est sérieusement mis en cause non seulement par l 'ONU mais aussi dans de nombreux ouvrages et par des experts.

Depuis de nombreuses années des témoignages s'accumulent faisant allusion à l'UNADFI et aux ADFI, des associations financées quasi exclusivement par plusieurs ministères, qui ne respecteraient pas le principe républicain de laïcité. Le Ministère de la Défense, a suspendu le financement de l'UNADFI.

Extraits des conclusions et recommandations du rapport de l'ONU


108. Toutefois, elle est d'avis que la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conviction de membres de ces groupes a été indûment restreint. En outre, la condamnation publique de certains de ces groupes ainsi que la stigmatisation de leurs membres se sont soldées par certaines formes de discrimination, notamment à l'égard de leurs enfants.

109. La Rapporteuse spéciale a noté que la politique observée par le Gouvernement a peut-être contribué à créer un climat de suspicion et d'intolérance générales à l'égard des communautés inscrites sur la liste, dressée en 1996 par l'Assemblée nationale, des mouvements et groupes qualifiés de sectes. En outre, les campagnes et autres actions qui ont été lancées par des associations composées, entre autres, de victimes d'actes criminels commis par ces groupes, avaient souvent un caractère émotionnel.

110. La Rapporteuse spéciale note que les autorités françaises ont adopté dernièrement une approche plus équilibrée de ce phénomène en ajustant leur politique, notamment par la transformation de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Néanmoins, d'autres améliorations s.imposent pour faire en sorte que le droit à la liberté de religion ou de conviction de tous les individus soit garanti et pour éviter la stigmatisation des membres de certains groupes religieux ou communautés de conviction, notamment de ceux qui n'ont jamais commis d'infraction pénale au regard de la loi française.

111. La Rapporteuse spéciale forme l'espoir que les futures initiatives de la MIVILUDES seront conformes au droit à la liberté de religion ou de conviction et qu'elles éviteront les erreurs du passé. Elle continuera de suivre de près les différentes actions qui sont entreprises par la Mission interministérielle.

112. La Rapporteuse spéciale exhorte le Gouvernement à faire en sorte que ses mécanismes chargés de la question de ces groupes religieux ou communautés de conviction livrent un message fondé sur la tolérance, la liberté de religion ou de conviction, et le principe selon lequel nul ne peut être jugé pour ses actes autrement que par les voies judiciaires appropriées.

113. En outre, elle recommande au Gouvernement de suivre de plus près les actions et campagnes de prévention qui sont menées dans tout le pays par des entités privées ou des organisations patronnées par l'État, notamment dans le système scolaire, afin d'éviter que les enfants des membres de ces groupes n'en pâtissent.

114. Elle engage vivement les instances judiciaires et les mécanismes de résolution des conflits à ne plus se reporter à la liste qui a été publiée par le Parlement en 1996, et à ne plus l'utiliser.

20.03.2006

Louis Pauwels contre l'UNADFI

Louis Pauwels s'en prend au système UNADFI dans un article du Figaro du 24 octobre 1996.
La plainte de l'UNADFI contre le journal aboutira à une relaxe par le TGI de Paris.